Les Souris Dansent

A la frontière du danger

Braconne, printemps 1154
Printemps
Patrouille : Martin (Patrol Leader), Thom (Patrol Leader), Dusky (Patrol Guard), Lieam (Guardmouse), Jasper (Tenderpaw).

Nous étions stationnés à Ombrais depuis la veille seulement quand nous reçûmes notre ordre de mission. Il s’agissait de la tâche annuelle dangereuse mais nécessaire de renouveler la frontière des Territoires Souris, qui permet de dissuader la plupart des prédateurs et animaux nuisibles d’y entrer. La neige hivernale efface quasiment la frontière chaque année, et tout autour des Territoires une des premières tâches de la Garde consiste à vider des bidons de phéromones pour la recréer.

Notre patrouille était assez expérimentée pour cette mission : retrouver le tracé à partir d’une carte et verser les bidons sans alerter les prédateurs. Dusky et son apprenti Jasper seraient nos consultants scientifiques tandis qu’avec Martin et Lieam nous assurerions leur protection. Nous fîmes les préparatifs et nous partîmes dès le lendemain, nous relayant pour tirer le chariot contenant les bidons. Nous aperçûmes à un moment un rapace, mais la patrouille réagit promptement et se cacha aussitôt ; la mission fut donc effectuée sans encombre.

En revenant à Ombrais, nous vîmes au loin que la ville subissait une inondation due à la montée des eaux du Bandiat. Nous nous sommes précipités sur place et sur les indications de Martin nous avons construit une digue de fortune avec les villageois. Il fallut littéralement se jeter à l’eau, et la lutte contre le courant fut acharnée, mais finalement le village fut mis hors de danger.

Nous avons aidé quelques jours les villageois avant de repartir vers Jauvigeac où nous attendait notre prochaine mission, en passant par Noirlac puis Grosroc où habite la famille de Martin. Le trajet se déroula sans incident jusqu’à Grosroc, où nous arrivâmes en soirée. Nous repartîmes dès le lendemain, et alors qu’il nous restait moins d’une demi-journée de marche pour rejoindre Jauvigeac, un tragique incident survint. Nous fûmes attaqués par une chouette hulotte et Dusky fut emporté par le monstre. Son dernier geste fut d’avaler du poison afin de compromettre la survie de la nichée du prédateur.

Nous arrivâmes à Jauvigeac le cœur lourd et nous lui organisâmes des funérailles au cimetière du village, afin de lui rendre un dernier hommage. Dusky était un excentrique, mais c’était un grand scientifique qui fit honneur à la Garde jusque dans ses derniers instants. Sa mort au détour d’un voyage anodin nous rappelle à tous que la cruauté de la nature peut nous emporter à chaque instant et qu’il ne faut jamais baisser sa garde.

Rapport rédigé par Thom

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Le retour du printemps

Braconne, printemps 1154
Printemps
Patrouille : Martin (Patrol Leader), Thom (Patrol Leader), Dusky (Patrol Guard), Lieam (Guardmouse), Jasper (Tenderpaw).

Enfin le printemps était là. La neige commençait à fondre, les plantes sortaient de terre et les animaux sortaient de leur abri. Et c’était aussi le moment de la reprise pour la Garde, après un hiver enfermé à Braconne. Nous étions très impatients de repartir en patrouille et c’est avec plaisir que nous avons reçu nos consignes : Gwendolyn nous envoyait à Ombrais, en passant par Moussiers et Rondelet. Nous devions y retrouver la patrouille des Ombres Noires qui empruntait un autre chemin. Nous étions les premiers à ouvrir cette route et nous avions bien sûr un sac de courrier à livrer. Nous sommes partis rapidement dans la joie et la bonne humeur : nous étions heureux de retrouver le grand air.

Nous nous sommes mis en route, retrouvant le chemin à partir des repères de la carte, et déblayant le passage lorsque la neige ou la végétation l’obstruait. Nous sommes ainsi arrivé à notre première étape, Moussiers. Nous y avons été accueillis en héros, les habitants étant heureux de recevoir leur courrier et de voir la route jusqu’à Braconne réouverte. L’hiver avait fait quelques dégâts et une tour était tombée, mais dans l’ensemble la cité n’avait pas trop souffert et nous ne nous sommes pas attardés.

Nous avons donc repris notre route et nous sommes arrivés au village de Rondelet. Là aussi, l’accueil fut très chaleureux et Jasper était très heureux de retrouver sa famille, après une saison entière passée à Braconne. Ici il y avait plus de dégâts et nous avons travaillé à la reconstruction et au renforcement des bâtiments du village, ainsi qu’a l’ajout d’une digue en cas de crue.

Mon collègue Thom en a profité pour se faire connaître et faire circuler une pétition en sa faveur : il aimerait être promu capitaine. En ce qui me concerne, j’ai pu constater que c’est un vétéran aguerri qui touche à tout, mais je dois encore apprendre à mieux le connaître.

Un attroupement attira notre attention : un bateau avait été trouvé sur la rivière. L’embarcation était vide et nous n’avons pas trouvé d’informations concernant son propriétaire. D’où venait-il ? D’Ombrais, en amont ? Ou bien d’encore plus loin ? Nous avons décidé de nous remettre en route en espérant avoir le fin mot de l’affaire.

Le trajet se déroulait sans accroc et nous en étions à mi-chemin, quand justement un obstacle se présenta devant nous. Et il était de taille, puisqu’il s’agissait du Bandiat dont le cours avait été légèrement détourné par la chute d’un arbre à cet endroit.

Nous avons décidé de rallonger notre chemin en le contournant et la fin du voyage se déroula sans difficulté. Malheureusement sur le chemin nous trouvâmes une pipe, rejetée par la rivière. Le pire semblait être arrivé à ce pêcheur, sans doute happé par le martin pêcheur que nous avions repéré. Nous étions attristés et pour remonter le moral de la patrouille je ne pus résister à la tentation de faire une petite blague :

“Au moins, on est sûr qu’il n’a pas cassé sa pipe !”

C’était d’un goût douteux, mais cela fit rire tout le monde, et nous arrivâmes ainsi à Ombrais, le port sur pilotis, peu avant la nuit. Encore une fois les habitants nous recevaient à bras ouverts, mais les habitants nous confirmèrent que la pipe appartenait à un pêcheur du nom de Phil, qui était parti sur la rivière la veille. Il était sûrement mort et tout ce que nous pouvions faire était d’honorer dignement sa mémoire.

Les Ombres Noires n’étaient toujours pas arrivées et après avoir passé une matinée tranquille à effectuer des tâches diverses chacun dans son coin nous avons décidé de partir à leur recherche vers Noirlac, leur précédente étape. Apparemment nous étions les premiers à effectuer ce trajet car il nous a fallu nous frayer un chemin dans la végétation naissante. A Noirlac, nous avons retrouvé l’autre patrouille : l’un d’entre eux était blessé et ils nous expliquèrent qu’ils étaient restés ici car la ville avait un sérieux problème. En effet, une moufette avait ravagé les réserves et les plantations d’herbes médicinales ; et l’animal borné traînait toujours dans les parages.

Après de longues discussions nous tombâmes d’accord sur un plan : Dusky, le vieux scientifique téméraire, se proposa pour empoisonner de la nourriture, afin de l’affaiblir ; nous l’attaquerions ensuite afin de la faire partir, Jasper devant lui lancer une petite bombe incendiaire. Nous sommes allés pêcher quelques petits poissons et têtards dans le lac et Dusky fit sa préparation ; il semblait en connaître un rayon sur le sujet.

Nous partîmes à l’écart de la ville en cherchant les traces de l’imposant animal. Nous étions sur sa piste quand nous l’aperçûmes ; la moufette était tout près, et nous eûmes à peine le temps de poser la nourriture empoisonnée et de nous cacher qu’elle arrivât. Nous attendîmes qu’elle mange tout ce que nous avions placé à cet effet, puis Jasper lança sa bombe et nous sortîmes de notre embuscade. Malheureusement il avait tiré trop court et la dose de poison de Dusky était loin de l’assommer : la bête se retourna vers nous et nous partîmes en courant, Lieam et Thom d’un côté, Jasper, Dusky et moi de l’autre.

Nous courions à perdre haleine, en zig-zaguant et en s’abritant le plus possible sous la végétation. Nous manœuvrâmes pour nous croiser et à la deuxième fois l’animal avait perdu tous ses repères. Ne sachant plus où donner de la tête, la moufette nous laissa filer ! Dans l’affaire, nous avions même réussi à l’amener près de la frontière et elle repartit dans cette direction.

Nous rentrâmes victorieux à Noirlac et après avoir célébré cette issue heureuse nous repartîmes à Ombrais, où nous pûmes enfin goûter aux joies d’un repos bien mérité.

Rapport rédigé par Martin

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Le sauvetage hivernal
Rapport de mission

Braconne, hiver 1153
Hiver
Patrouille : Lieam (Guardmouse), Robin (Guardmouse), Quentin (Patrol Guard) et Thom (Patrol Leader).

En cette fin d’hiver, la neige avait recouvert toute la région et nous étions tranquillement affairés à Braconne, quand des cris retentirent dans la citadelle. Des réfugiés venaient d’arriver, blessés, fatigués et transis de froid. Ils étaient de Grandecombe, qui avait été attaquée par un raton laveur, ce qui les avait forcé à évacuer. Les autres villageois étaient donc éparpillés dans la neige au nord de la citadelle et Gwendolyn commença aussitôt à organiser les secours.
Sans hésiter, nous nous sommes portés volontaires pour monter une expédition de sauvetage.


Nous avons rapidement regroupé notre équipement sur un traineau : des couvertures, des outres de remontant, du bois sec, un drapeau de la Garde et le matériel habituel. Le temps jouait contre nous et nous sommes aussitôt partis vers le nord, dans la neige et le froid. Nous avons décidé de s’écarter légèrement de la route principale – invisible sous la neige – pour former une boucle, espérant rencontrer des villageois en détresse.

Malheureusement, au bout d’un certain temps, il fallut se rendre à l’évidence : nous étions perdus. Après avoir tenté vainement de retrouver notre chemin, nous avons monté un camp précaire, qui malheureusement ne nous protégeait pas efficacement du froid : deux d’entre nous étaient déjà malades. Deux villageois ont entendus nos cris et nous ont rejoints, mais notre situation de s’améliorait pas. Nous avons décidé de repartir, et heureusement peu après Lieam nous sortit de cette impasse en retrouvant ses repères et en nous guidant jusqu’à la piste principale. Nous avons orienté les villageois vers Braconne – ils n’étaient pas loin – et nous sommes repartis vers le nord : nous pouvions encore tenir et sauver des vies.

Après une heure passée à progresser dans la neige, nous n’avions toujours rencontré personne, quand nous repérâmes une tâche colorée au milieu de cette blancheur. C’était une grand-mère, qui n’en pouvait plus et s’était assise ; elle était maintenant presque totalement enfouie sous la neige et elle n’aurait pas survécu bien longtemps si nous ne l’avions pas tirée de là.


Nous l’avons enveloppée dans une couverture et nous lui avons donné à boire, puis nous sommes repartis. Plus loin sur notre chemin, nous sommes tombés sur des traces d’un gros animal. Nous n’avons pas pu l’identifier, mais nous avons jugé plus sage de ne pas s’enfoncer plus loin vers le nord et d’amorcer notre retour vers Braconne.



Le trajet s’est déroulé sans accroc majeur et nous avons pu ramener la grand-mère saine et sauve et profiter de la chaleur de la citadelle. Cependant, de nombreuses souris manquaient encore à l’appel et nous avons décidé de faire une dernière ronde autour de la ville pour aider les éventuels rescapés restants.

Nous avons retrouvé un groupe de réfugiés et nous avons décidé de monter un camp qui servirait d’avant-poste de secours afin de les soigner. Pour attirer toutes les souris éparpillées dans la neige, nous avons sorti notre drapeau de la Garde et entonné des chants traditionnels, espérant que notre voix porte le plus loin possible. Au total, nous avons rassemblé une demi-douzaine de villageois.


Lorsque nous fûmes certains qu’il ne restait plus de villageois en détresse dans les environs et une fois les premiers soins dispensés – les couvertures et le bois sec furent d’un grand secours – nous sommes repartis le plus rapidement possible vers Braconne : nous ne pouvions rien faire de plus et il était inutile de prendre des risques supplémentaires ; de plus, nous avions tous pris froid.



Lieam et Robin portaient chacun une souris sur leur dos et les autres suivaient en traineau. Nous allions à bonne allure et nous nous savions proches de la chaleur de la citadelle, quand soudain le tapis de blancheur s’effondra sous nos pattes, engloutissant les souris sous la neige. Heureusement, mon instinct m’avait dicté la prudence et je fus le seul à ne pas tomber.



Je pus remonter mes compagnons de patrouille d’abord, puis nous avons extrait de la neige les autres souris. Il y avait eu des blessés dans l’affaire, dont Quentin et Lieam, et nous étions tous dans un piteux état, mais nous n’allions pas échouer si près du but. Enfin, après une dernière salve d’efforts dans le froid et la fatigue, nous aperçûmes Braconne, et nous laissâmes échapper un cri de joie : nous savions que nous étions sauvés.



Nous sommes arrivés blessés, fatigués et malades, mais tous ces efforts n’avaient pas été vains. Lieam et Quentin ont commencé à récupérer, et Robin et moi avons proposé notre aide pour accueillir les villageois. La journée fut éreintante en diable et à plusieurs reprises nous avons craint de ne pas en revenir vivant, mais c’était notre devoir en tant que membres de la Garde et le sourire des rescapés fût notre récompense.

Rapport rédigé par Thom

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Les Souris Dansent
Une nouvelle année commence

C’est ici que seront rédigés les rapports après chaque mission effectuée, et que je mettrai des informations et réflexions diverses.

Rétrospective

Cela fait un an que les souris survivent autour de Lockhaven. En 8 séances, on a pu tester le jeu, en appréhender le système et découvrir son univers si charmant.

Rolistes

Mouse Guard est vraiment un jdr innovant, une vraie perle à la finition remarquable. En plus, on découvre encore des qualités en jouant.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, petite liste non exhaustive des points forts :
  • le bouquin est magnifique, les illustrations sont à croquer ; et en plus, il est pas cher
  • l’univers est intéressant et bien exploité, ce qui est assez rare pour être souligné
  • le système est innovant mais tourne remarquablement bien ; après quelques parties, une fois qu’on en maîtrise les subtilités, il se révèle vraiment excellent
  • le jeu offre beaucoup de possibilités : aventure, combat, investigation, détente, etc., tous les types de scénarios tournent comme sur des roulettes
  • des atouts se révèlent en jouant, comme par exemple la “session d’hiver” qui s’est avérée très amusante
  • le jeu est très accessible : les joueurs n’ont aucune difficulté à rentrer dans la peau d’une souris
  • et surtout, surtout, on s’amuse vraiment à effectuer ces patrouilles de la Garde
Je reviens tout de même sur les quelques défauts minimes de cet excellent jdr :
  • la carte est difficile à lire
  • la traduction est parfois ardue, mais les joueurs se sont habitués aux termes américains

Après 8 séances, le bilan est clair : nous avons été conquis.

Téléportation : TGCM

Après avoir joué une année complète, la campagne de Mouse Guard est donc relancée et déplacée en France. Certains joueurs vont en profiter pour créer un nouveau personnage, et surtout ça nous permettra de jouer dans un cadre plus familier et d’ajouter quelques nouveautés.

Pionsetcarte

Objectifs de ce transfert :
  • permettre aux joueurs de changer de personnage s’ils le souhaitent, en le créant de toute pièce (jusque là seuls les pré-tirés étaient utilisés)
  • déplacer l’action dans un cadre plus familier, en France, et beaucoup mieux maîtrisé
  • assurer la meilleure continuité possible avec les aventures précédentes
  • prendre quelques nouvelles habitudes :
    • à chaque séance, un joueur sera désigné pour rédiger le rapport de mission
    • le tour des joueurs devrait prendre de plus en plus d’importance
    • la campagne ne sera plus découpée en paires de séances par saison
    • utilisation des accessoires (cartes et marionnettes), ce qui a déjà été fait lors des deux dernières séances
  • enrichir l’univers avec quelques nouveautés, comme les gypsies et les villes indépendantes

Je reviendrai peut être plus tard sur ces choix et ces nouveautés.

Un nouvel espoir

Le printemps sera bientôt là, et c’est reparti pour une année parmi les souris. Voici dans les grandes lignes les thèmes qui seront peut être effleurés dans cette campagne :
  • la survie des souris : pour une souris, vivre dans la nature demande un effort de tous les instants
  • la guerre avec les belettes : malheureusement, c’est loin d’être terminé
  • un sentiment d’indépendance se développe en forêt de Boisblanc, séparée du reste des Territoires Souris
  • les gypsies : ils apportent quelque chose de nouveau à cette société, comment évoluera-t-elle ?

Je développerai peut être tout ça, mais de toute façon ce sont les joueurs qui décideront des évènements, et dans notre manière de jouer (apparemment, les autres groupes jouent de manière beaucoup plus sérieuse et dramatique), la majeure partie du temps est consacrée aux défis de la vie courante. Concrètement, on passera sûrement au travers de tout ça, mais sait-on jamais.

Quoi qu’il en soit, l’objectif principal des souris sera de survivre un an de plus dans la Garde, et pour les joueurs, de s’amuser.

Longue vie à la Garde !

Trinquons

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